Historique (Page 2)

Je me rappelle que dans la petite classe nous avions une maîtresse qui marchait avec une canne et pour nous apprendre à lire, elle disait : « vous avez 2 jambes, vous êtes un n et moi avec ma canne, j’ai 3 jambes, je suis un m ». Pour apprendre à compter, il y avait un boulier. Les cartes de géographies étaient superbes.

Dans cette petite classe, quand nous ne savions pas répondre, la punition était « le bonnet d’âne ». Quelle horreur, ça nous faisait pleurer ! Je me souviens aussi des filles qui venaient à pied de Cergy et de Vauréal, par tous les temps, avec leur gamelle pour midi. Nous n’avions pas peur de marcher autrefois. Le samedi après midi était consacré, dans toutes les classes, à la couture. Nous apprenions à broder les lettres de l’alphabet, à repriser, à faire des coutures rabattues, le surjet, le  point de tige, le point de feston… et même à monter un poignet. Pendant ce temps, à tour de rôle, nous lisions à haute voix le chapitre d’un livre.

Pendant la guerre de 39-40, nous avions distribution de biscuits vitaminés que nous allions chercher au dispensaire, rue de Rouen. Nous avions aussi des masques à gaz distribués par la mairie. Nous devions les porter quelques instants pour apprendre à respirer avec. Nous allions à l’école de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30 y compris le samedi. Le jeudi était jour de repos. Le soir il y avait étude jusqu’à 18h. Les vacances étaient réparties de la façon suivante : à la Toussaint, le 1er novembre et le 2, nous allions à la messe puis nous montions en procession au cimetière, avec le clergé et les paroissiens. Nous étions en congé de la veille de Noël au lendemain du jour de l’an. Au printemps pas de vacances. A Pâques du Jeudi Saint au mardi de Pâques. Le lundi de Pentecôte. Les grandes vacances commençaient le 31 juillet et nous reprenions l’école le 1er octobre.

Après le certificat d’études, nous préparions la distribution des prix pour fin juillet. Des livres et des livrets d’épargne étaient offerts. Cette fête était commune à l’école de garçons (école Saint Maclou) qui se trouvait à l’emplacement de la cantine actuelle et avait lieu dans la salle St Henri, salle paroissiale (à la place du bâtiment à  deux niveaux où se trouvent les classes du CP  et CE2 aujourd’hui). Puis les grandes vacances arrivaient. Les familles ne partaient pas à cette époque là,  mais nous,  les enfants, profitions de la «  colo paroissiale  » à Audierne en Bretagne.

Les souvenirs reviennent… en désordre, mais ils sont témoins de 13 ans passés à Saint Louis, une école où nous nous trouvions bien, dans un climat familial et une bonne entente.                                 Geneviève P

1956

Sa fille poursuit…….Pour mes 4 ans, la maîtresse m’accueillait dans la classe rose.

Elle poussait les boules sur le boulier pour nous apprendre à compter. Je la revois toute appliquée au tableau noir à copier les consonnes et les voyelles que nous calligraphiions sur nos cahiers. A ce moment là, l’école ne s’était pas encore agrandie (bâtiment deux niveaux). Seuls existaient la classe actuelle de grande section et le bâtiment principal attenant au logement de la directrice. Les classes allaient jusqu’au BEPC (3ème). Seule la maternelle était mixte. Les garçons allaient à l’école Saint Maclou, un bâtiment dans le bas du parc de l’école Saint Martin.

Description des lieux

Les cours n’étaient pas goudronnées, la cour des petits était à l’état naturel (terre, herbe et pâquerettes !), la cour des grands, sous les tilleuls, était cailloutée, la partie située entre les deux cours, cimentée. La salle Saint Pierre (maternelle PS et dortoir) n’était qu’un préau et l’endroit où se trouve le bâtiment neuf à étage était un vaste terrain sablonneux pour la gymnastique. Les toilettes étaient encore dehors, dans les cours, sans confort, et il fallait être courageuse pour y aller l’hiver ! Le robinet coulait dans la cour où mains et bouches venaient se laver et se rafraîchir.

Le bâtiment où se trouve la cantine actuellement n’était pas occupé par St Louis. C’était un bâtiment paroissial servant de salles de catéchisme et de locaux pour les Guides et les Scouts.

Voilà pour ce qui est de la présentation géographique de Saint Louis jusqu’en 1963. Une sœur de la Compassion est alors devenue Directrice. Saint Louis est devenue à ce moment-là, une école primaire uniquement.

Vie scolaire

Je garde de précieux souvenirs de la vie à l ‘école. Je m’y plaisais beaucoup, il y faisait bon vivre. L’ambiance était familiale, les maîtresses sympathiques. Pour les langues, une sœur venait nous apprendre l’anglais et un professeur de Saint Martin venait enseigner l’espagnol. Tous les enseignants aimaient leur métier et nous communiquaient leur amour du travail bien fait. Le bureau de la maîtresse dominait la classe car il était placé sur une estrade. Les pupitres étaient en bois, inclinés. Les encriers en porcelaine blanche recevaient l’encre violette. Les plumes grattaient le papier. Chaque matin, sur notre cahier du jour, nous copiions une phrase de « Morale ».

En cours moyen, nous avions des cours de chant donnés par une vieille demoiselle qui nous accompagnait au violon. L’été, les cours de couture avaient lieu sous les tilleuls. Nous installions tréteaux et planches … Il faisait bon coudre dehors ! Dans la cour, nous jouions à chat perché, aux rondes. Nous préférions la partie cimentée pour la corde à sauter, la marelle où les jeux de balles. Puis en grandissant, les jeux cessaient faisant place à des conversations sans fin ! La visite médicale se passait dans la salle « rose », près du poêle à charbon. La doctoresse impressionnait avec sa blouse blanche. Je sens encore l’odeur d’éther avant la pose du timbre sur la poitrine.

La plupart d’entre nous habitions Pontoise. Mes camarades venaient aussi de Saint Ouen l’Aumône et de quelques villages environnants. Un petit nombre restait à la cantine qui se tenait alors dans la salle à manger de la Directrice. Marguerite, la cuisinière, préparait les repas dans sa cuisine. Quelques enfants apportaient leur gamelle, mais les locaux étant trop petits, maman les prenait à manger le midi. Nous habitions tout près de l’école ; le matin, elle allait chercher les gamelles pour pouvoir les faire chauffer en temps et en heure et le midi, nous nous retrouvions une bonne tablée à la maison !

Le soir, après les cours, les enfants du primaire, dont les parents ne venaient pas les chercher, repartaient en « rang » à travers la ville, accompagnés d’une maîtresse. Je quittais le rang en cours de toute et je ne sais où il se dispersait …Mon grand-père entretenait l’école, bricolant ici et là, taillant les tilleuls. L’hiver, il venait tôt allumer la chaudière et les poêles à charbon pour que les classes soient chaudes  à l’arrivée des élèves. A la belle saison, le soir, nous venions, mon frère et moi, fermer les classes avec lui. C’était un plaisir de retrouver l’école, l’odeur des classes, la cour de récréation pour jouer sans encombre, Saint Louis était alors « mon domaine » !

Fêtes

En fin d’année, avaient lieu la fête de l’école d’une part et la distribution des prix par ailleurs. La fête se passait soit à la salle des fêtes de Pontoise, soit dans la cour de l’école. Chaque classe présentait son spectacle. Quelques semaines avant la fête, les mamans se regroupaient dans la salle à manger pour couper, piquer, coudre les costumes, fabriquer les chapeaux. Cette fête avait beaucoup de succès, le public était nombreux.

Puis, à la fin du mois de juin avait lieu la distribution des prix, moment très solennel où chacune était récompensée (dans les petites classes) pour son travail ou ses qualités (prix d’honneur, prix d’excellence, 1er prix de géographie ou 1er prix de bonne camarade.

En 1963, lorsque j’ai quitté Saint Louis, l’âme en peine, j’étais loin de penser que mes enfants y viendraient à leur tour. C’est avec joie qu’en 1980, avec Emmanuel et Véronique, puis plus tard avec Jean-Christophe, je refoulais le sol de l’école …                                                       Anne-Marie T

Et sa petite fille nous dit en … 1985

Je m’appelle Véronique. J’ai 9 ans, je suis en CM1. Je vais vous décrire mon école : les cours de récréation sont maintenant goudronnées. Il y a 16 classes mixtes dont deux mobiles, celles de Frère Léon. Les enfants viennent à l’école en voiture, quelques-uns à pied. Comme beaucoup d’enfants, je mange à la cantine parce que papa et maman travaillent. Je ne suis pas très forte en gymnastique, mais nous avons un beau gymnase.

Sœur Elisabeth nous donne des cours de flûte. A chaque trimestre, nous préparons une messe : animation musicale avec sœur et animation des textes avec nos maîtresses.

Dans la cour, nous voyons souvent Monsieur José qui entretien l’école. Les enfants l’aiment bien car il est gentil avec eux. Chaque hiver, plusieurs classes partent à la montagne, à la Chèvrerie. La classe de neige, c’est chouette !

L’année scolaire se termine par la fête avec ses danses, ses stands et ses jeux.”

Véronique T

A suivre…

Si vous avez des souvenirs de l’école, n’hésitez pas à nous les envoyer. Nous serons très heureux d’en faire part aux jeunes et aux moins jeunes.